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Signes de gros tourments
Alexandre
Chers amis, Je ne vous avais pas oublié … J’aurai mis 12 ans à vous écrire cette lettre, car je souhaitais vraiment qu’elle soit un message d’espoir et d’encouragement pour tous ceux qui traversent la même épreuve que ma fille. Julie était atteinte d’une forme très violente du syndrome Gilles de la Tourette : aujourd’hui elle va bien; elle a 20 ans et ne prend plus aucun médicament. Je tenais à vous raconter son « histoire » car elle rassemble tout ce que cette maladie a pu avoir de destructeur, en même temps que la joie de pouvoir dire, 12 ans après, qu’avec des traitements médicaux, une thérapie appropriée et beaucoup de courage : elle a pu s’en sortir.Jusqu’à l’âge de huit ans, Julie était une enfant adorable, sans problème particulier. Puis sournoisement le syndrome s’est installé : les cris, les coups, la coprolalie et l’automutilation. A ce moment là, commence le premier diagnostic avec le premier traitement et surtout une culpabilité face à l’incompréhension de ce qui vous arrive : est-ce une maladie génétique, un choc affectif … Et puis c’est la première exclusion de l’école, on se trouve confronté à tous les problèmes de la vie sociale: plus de sorties, plus de restaurant, plus de transports en commun. Il ne reste que les taxis qui vous font descendre au bout d’un certain temps, car ils ont peur. Il y a aussi l’humiliation que l’enfant perçoit dans le regard moqueur de ses camarades, et puis la propre famille qui vous fait des réflexions: tu lui laisse tout faire, tu l’élèves mal, elle mange trop. (Julie a pris 30 kgs en 4 ans de traitement). Et puis ce sont les séjours à l’hôpital où on essaie un nouveau traitement, qui marche mieux, on reprend confiance, et d’un seul coup avec l’adolescence les crises reviennent, plus destructrices, et tout est à recommencer … Heureusement dans cette épreuve vous rencontrez des gens formidables : d’abord dans l’association où l’on se sent moins seul car écouté et compris et puis le corps médical qui essaie de comprendre et de vous aider au mieux avec les « outils » dont ils disposent … Voilà, je m’arrête, je sais que vous traversez tous plus ou moins ces mêmes moments si difficiles mais je tenais vraiment à vous dire que Julie, à force de volonté, a réussi à dépasser son handicap : elle a repris ses études et a perdu ses 30 kgs superflus. Alors bien sûr que la maladie est toujours là, au fond d’elle et comme elle le dit elle-même : « Je sais que je suis différente », mais moi sa mère, je sais aussi que ce combat qu’elle mène chaque jour, l’a aidée à vivre normalement avec les autres, en ayant presque oublié aujourd’hui d’où elle revient. Bon courage à tous. Nicole
En
décembre 2005, Après deux semaines passées au CNAM et un week-end de repos salvateur, nous nous sommes retrouvés au petit matin à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Le programme devait être le suivant: 10 heures de vol jusqu’à Moshi, troisième ville de Tanzanie pour sa population, située au pied du grand volcan, 1 journée sur place puis 5 jours d’ascension, 2 jours pour la descente, et deux jours encore occupés par des activités touristiques encore indéterminées au moment du départ. C’est ainsi que le jeudi 17 mars, je me retrouvai, encore un peu incrédule, sur les premiers arpents du chemin qui mène au sommet de l’Afrique. Il existe plusieurs voies ou routes pour gravir cette montagne, nous avons emprunté celle qu’on nomme Marangu Route. L’ascension occupe cinq jours, et la descente deux, simplement…La difficulté allait croissant, c’est à dire que plus nous allions nous rapprocher du sommet, plus nous aurions à souffrir des conditions d’altitude, essentiellement le manque d’oxygène. Malgré tout – la fatigue, l’appréhension et la cohabitation parfois difficile d’un SGT (Syndrome Gilles de la Tourette) un peu rebelle et d’un groupe de sous-officiers …!– je parvins au sommet, étonné d’abord, épuisé, mais fasciné, parce qu’il faut bien s’émouvoir quelquefois des miracles grandioses de la nature, qui, capricieuse, exige de nous des efforts incommensurables pour en contempler ses plus beaux aspects : un cratère quasi circulaire, profond de plusieurs centaines de mètres, où s’égrènent sur des tons d’un gris profond des glaciers compacts, dans une lumière immense, à la faveur du petit jour – car, partis du dernier camp de base à minuit, nous avions atteint le sommet vers 6h30. Ces quelques semaines occupées à des choses proprement inhabituelles pour moi, ont finalement constitué une expérience inoubliable, et un voyage à plusieurs niveaux : géographique, physique (parce que c’était nouveau pour moi que de me consacrer à un projet sportif), esthétique, et social, car je n’avais pas jusque là côtoyé le monde militaire. Grégoire
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